Contexte

Les discriminations faites aux femmes est un phénomène bien ancré dans nos sociétés. D’après une enquête menée par de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), 62 millions de femmes auraient déjà souffert de violences physiques et/ ou sexuelles dans l’Union européenne. (a) Les chiffres sont alarmants compte tenu des nouvelles formes de discriminations qui voient le jour. Sur le lieu de travail, dans la sphère privée ou sur la scène publique, les discriminations de ce genre se retrouvent dans toutes les couches de la société.

Avec la prolifération des réseaux sociaux, internet participe à la divulgation des propos et attitudes discriminatoires.

Faisant partie du lot quotidien de nombreuses femmes, ces violences verbales, physiques voire sexuelles passent souvent inaperçues. Et pour cause, le conditionnement des mentalités et les pressions sociétales perpétuent l’enracinement de toutes ces formes de violences.

Nous désirons mettre en lumière ce phénomène en proposant des actions concrètes visant à l’éradication à long terme par la déconstruction des stéréotypes et la promotion de l’égalité. Notre angle d’approche concerne la condition et les droits de la femme issue de la diversité en Belgique.

De plus, lorsqu’une femme est d’origine étrangère ou issue d’une certaine religion, la discrimination s’accentue. Prenons par exemple le cas des femmes musulmanes (dont nos médias et politiques parlent bien trop souvent) : bien que la Belgique ait signé la convention internationale de la liberté de culte, elles restent sujettes à des discriminations. En effet, nombreux sont les éléments qui renforcent le regard négatif sur les femmes musulmanes. A titre d’exemple, sur le plan professionnel, les candidates perçues comme musulmanes ont trois fois moins de chance d’obtenir un entretien d’embauche. [1] De ce fait il leur est difficile de concilier pratiques religieuses et vie professionnelle. Aussi, les articles écrits sur les femmes musulmanes mettent en évidence dans 95% des cas la question du foulard, le reste faisant référence à des éléments culturels.

Un rapport du Réseau européen contre le racisme (ENAR), intitulé « Femmes oubliées », tire la sonnette d’alarme en ce qui concerne l’islamophobie à l’encontre des femmes musulmanes de huit pays européens. En Belgique, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède et au Royaume-Uni, les femmes musulmanes sont, explique l’ENAR, discriminées à l’embauche. Concernant l’Hexagone, l’ENAR dresse un portrait plus que catastrophique de la situation des femmes musulmanes.

ENAR rappelle notamment les chiffres du CCIF selon lesquels « 18,6% des actes (discriminations et violences) islamophobes enregistrés se sont déroulés dans le monde du travail » et « 81,5% des actes et discours islamophobes sont commis contre les femmes. »

Tous ces éléments tendent à remettre en question les préjugés à l’encontre des femmes issues de l’immigration. C’est entre autre la raison pour laquelle, différents mouvements féministes voient le jour en Belgique afin de dénoncer l’oppression que vivent les femmes au quotidien et pour combattre toute forme de discrimination.

Qu’elles soient étudiantes, doctorantes, femmes au foyer ou actives dans le milieu professionnel/associatif, les femmes de toutes origines contribuent toutes d’une façon ou d’une autre à l’amélioration de notre société. Au sein de notre collectif, elles ont comme objectif principal de renforcer l’unité des femmes et de leur impact en développant des actions afin de déconstruire les stéréotypes.
(a) http://fra.europa.eu/fr/news/2017/dire-non-la-violence-legard-des-femmes

[1] Selon « Discrimination religieuse à l’embauche, une réalité »